Vous êtes travailleur non-salarié, gérant de SARL, professionnel libéral ou bailleur ? Contrairement aux salariés, votre impôt sur le revenu n'est pas prélevé directement par un tiers payeur. Vous êtes redevable d'un acompte contemporain, prélevé chaque mois ou chaque trimestre par la DGFiP. Voici tout ce qu'il faut savoir pour 2026.
Qu'est-ce que l'acompte contemporain ?
Mis en place avec le prélèvement à la source en 2019 (loi n°2016-1917, article 204 A et suivants du CGI), l'acompte contemporain est un paiement de l'impôt sur le revenu effectué en l'absence de tiers collecteur. Concrètement, lorsqu'aucun employeur ou caisse de retraite ne peut prélever l'impôt à votre place, l'administration fiscale prélève directement l'acompte sur votre compte bancaire.
Sont concernés en 2026 :
- Les travailleurs non-salariés (TNS) : artisans, commerçants, professions libérales, micro-entrepreneurs
- Les gérants majoritaires de SARL et EURL (article 62 du CGI)
- Les propriétaires bailleurs percevant des revenus fonciers (locations nues)
- Les loueurs en meublé non professionnels (LMNP) imposés en BIC
- Les associés de SCI à l'IR percevant une quote-part de bénéfice imposable
- Les bénéficiaires de pensions alimentaires
Comment l'acompte est-il calculé ?
L'acompte 2026 est calculé sur la base des derniers revenus connus de l'administration, soit ceux déclarés au printemps 2025 (revenus 2024). Le montant total de l'impôt est divisé en :
- 12 mensualités prélevées le 15 de chaque mois (option par défaut)
- ou 4 trimestrialités prélevées les 15 février, 15 mai, 15 août et 15 novembre
L'acompte est mis à jour au 1er septembre 2026 en fonction de votre déclaration de revenus 2025 souscrite au printemps 2026. Il prend donc en compte l'évolution réelle de vos revenus avec un an de décalage.
Moduler son acompte : pourquoi et comment ?
La modulation à la hausse comme à la baisse est un droit reconnu au contribuable (article 204 J du CGI). Elle se demande directement depuis l'espace particulier sur impots.gouv.fr, rubrique « Gérer mon prélèvement à la source ».
Cas typiques de modulation à la baisse
- Baisse significative de chiffre d'affaires en 2026
- Arrêt d'activité ou cession partielle
- Diminution durable des loyers (vacance locative, travaux longs)
- Passage en franchise de TVA avec impact sur la rentabilité
Cas typiques de modulation à la hausse
- Croissance forte du chiffre d'affaires
- Acquisition d'un nouvel immeuble locatif
- Sortie du régime micro-BIC ou micro-BNC vers le réel
Si vous demandez une modulation à la baisse et que l'écart final entre l'acompte versé et l'impôt réellement dû dépasse 10 %, vous risquez une majoration de 10 % sur la différence (article 1729 G du CGI). Mieux vaut donc moduler avec prudence et sur la base d'estimations réalistes.
Le calendrier 2026 à retenir
| Échéance | Événement |
|---|---|
| 15 février 2026 | 1er acompte trimestriel (si option trimestrielle) |
| 15 du mois | Acompte mensuel (de janvier à décembre) |
| Avril - juin 2026 | Déclaration des revenus 2025 |
| 1er septembre 2026 | Mise à jour du taux et des acomptes |
| 15 septembre 2026 | Paiement du solde d'IR 2025 (si applicable) |
Les pièges à éviter
1. Ne pas anticiper l'acompte en début d'activité. Lorsqu'on démarre une activité TNS, aucun acompte n'est prélevé tant que la première déclaration n'a pas été déposée. Il est pourtant fortement recommandé de créer un acompte volontaire dès la création, sur la base de revenus mensuels estimés. À défaut, l'addition peut être lourde l'année suivante.
2. Oublier de moduler après un événement marquant. Un divorce, une naissance, un changement de régime fiscal ou la cession d'un bien locatif modifient durablement la charge fiscale. Sans modulation proactive, vous payez sur l'ancien régime.
3. Confondre acompte et impôt définitif. L'acompte n'est qu'une avance. Le calcul final s'effectue à l'été suivant la déclaration. Si trop perçu, vous êtes remboursé ; si insuffisant, vous devez compléter en septembre.